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Cinq questions pour comprendre la crise au Mali

Des soldats patrouillent à Djenne, dans le centre du Mali, fin février 2020. (MICHELE CATTANI / AFP)

Des soldats patrouillent à Djenne, dans le centre du Mali, fin février 2020. (MICHELE CATTANI / AFP)

Attaques jihadistes, violences intercommunautaires et blocage politique minent le pays.

Le Mali est confronté depuis 2012 à une insécurité croissante. Malgré une intervention internationale et la signature d’un accord de paix, les violences persistent et se propagent vers les pays voisins du Sahel.

1-Comment la situation a-t-elle explosé en 2012 ?

En janvier 2012, la rébellion touareg et d’autres combattants rentrés de Libye lancent une offensive dans le nord du Mali dans le cadre de revendications autonomistes. Mais très vite, les indépendantistes sont évincés par leurs alliés islamistes qui prennent le contrôle de la région. L’armée malienne est en déroute et le pays lance un appel à l’aide pour enrayer la progression jihadiste. Une intervention internationale initiée par la France permet d’éviter le pire. Un nouveau président, Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK, est élu à la tête de l’Etat en 2013.

2-Pourquoi l’accord de paix est-il inefficace ?

Soutenu par la communauté internationale, le président Keïta est censé ramener la paix et stabiliser le Mali. Sur le plan politique, son gouvernement conclut un accord avec l’ex-rebellion. Le texte signé en 2015 prévoit notamment d’accorder plus d’autonomie au Nord, dans un Mali réunifié. Mais l’accord de paix n’est pas mis en œuvre sérieusement. La reconstruction politique et civile se fait attendre. Dans le même temps, les groupes jihadistes prolifèrent et continuent de semer la terreur face à une armée malienne sous-équipée et pas assez bien formée.

3-Qui sont les groupes armés ?

Une nébuleuse de groupes jihadistes se disputent le terrain. Les noms changent, mais la capacité de nuisance reste la même. Ansar Dine, Mujao, Aqmi, groupe Etat islamique, Katiba du Macina, GSIM… Ils s’implantent localement du fait de leur grande résilience stratégique. Leurs chefs ne sont pas toujours maliens. Le fondateur de la branche Al-Qaïda au Maghreb islamique, Abdelmalek Droukdel, tué le 3 juin dernier par une opération française, était algérien. Tous ces mouvements armés s’autofinancent grâce à de multiples trafics. L’une de leurs dernières sources de revenus est l’exploitation des mines d’or du Sahel, comme le souligne un rapport de l’ONG International Crisis Group.

4-Que fait la force internationale ?

Sur le terrain, l’armée malienne est notamment épaulée par une force internationale et un dispositif militaire français Barkhane. Mais l’opération française, qui a permis de barrer la route à la progression des jihadistes au Mali, se concentre aujourd’hui sur la coordination de la lutte anti-terroriste dans tout le Sahel. Quelque 5 000 militaires sont déployés dans une zone vaste comme l’Europe. C’est insuffisant et la France cherche depuis des mois à impliquer ses partenaires européens. La force de paix onusienne Minusma n’a pas, quant à elle, un mandat fort qui lui permette d’agir contre les jihadistes. Elle comprend plus de 15 000 hommes (militaires et policiers) avec un coût annuel de plus d’un milliard de dollars.

5-Que veulent les Maliens ?

La réponse est évidente. Ils veulent la paix, la stabilité et une bonne gouvernance. Or, depuis des années, la situation se dégrade et les civils paient un lourd tribut. Les conflits intercomunautaires, les attaques jihadistes, mais aussi les abus des forces de sécurité ont fait depuis le début de l’année 2020 plus de 580 morts rien que dans le dans le centre du Mali. Le nombre de déplacés a plus que doublé en un an et dépasse les 200 000. Une situation qui rappelle le début de la crise en 2012. La colère gronde et des manifestations importantes ont eu lieu en juin pour réclamer le départ du président Keïta. Le mouvement de contestation est mené par l’imam conservateur Mahmoud Dicko.

FranceInfo

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