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Conakry : un journaliste français agressé par des agents des forces de l’ordre

Thomas Dietrich, journaliste et écrivain français, a été victime d’agression de la part des forces de l’ordre ce jeudi, 05 mars 2020, à Conakry. Notre confrère filmait des agents en train de molester un citoyen à Hamdallaye Pharmacie, dans la commune de Ratoma. C’est ce qui a attiré l’attention d’un groupe de policiers et de gendarmes, qui sont venus s’en prendre à lui.

Interrogé par un journaliste de Guineematin.com, Thomas Dietrich, qui travaille pour « Le média », a raconté sa mésaventure. « J’étais vers Hamdallaye Pharmacie, je regardais ce qui se passait. Il y avait des forces de l’ordre, composées de plusieurs corps (policiers et gendarmes), qui battaient un jeune à coup de matraques. Dès qu’ils ont vu que je filmais, ils ont accouru vers moi. Ils ont dit : donne ton téléphone, j’ai refusé.

J’ai tout de suite donné mon accréditation. Ils ne l’ont même pas regardée. Il y a un d’entre eux, habillé en treillis militaire, qui a braqué une arme à feu, un gros pistolet, contre moi. Après, il m’a donné un gros coup à l’épaule pour que je lâche mon téléphone. J’ai fini par lâcher. Ils ont menacé mon chauffeur et moi-même. Ils m’ont dit : on va te massacrer, on va te tuer », a-t-il raconté.

Après un moment de tiraillement, les agents ont demandé au journaliste de supprimer les vidéos qui les accablaient. Ce dernier s’est exécuté et les agents l’ont laissé partir. « Ils ont vérifié avec leur hiérarchie, et comme d’habitude, ils m’ont demandé d’effacer les vidéos. Je les ai effacées en douce, parce que mon téléphone était encore ouvert lorsqu’ils me l’ont arraché. Mais heureusement, j’ai pu les retrouver dans la corbeille lorsqu’ils me l’ont restitué. »

Cette agression de Thomas Dietrich n’est pas une première. Il avait été victime d’une situation similaire à Coyah, lors d’une manifestation d’élèves qui a dégénéré. Mais pour ce dernier cas, le journaliste compte porter plainte. « Je suis déterminé à porter plainte, parce que, qu’on soit guinéen, français, de quelle que presse qu’on soit, c’est inacceptable qu’on porte atteinte à la liberté d’informer. C’est très grave !

Ça prouve combien de fois en Guinée, les forces de l’ordre, si on peut appeler ça forces de l’ordre, ont quelque chose à cacher. Prendre des journalistes étrangers, les frapper, arracher leur téléphone, c’est inacceptable. Donc bien évidemment, avec mon média, on va voir tous les recours possibles en Guinée et en France pour que les auteurs de cette agression, notamment la personne qui m’a frappé et m’a menacé avec une arme, soient traduits devant les juridictions », a-t-il laissé entendre

Thomas Dietrich annonce qu’il rentre demain en France. « Mais, je reviendrai en Guinée si l’actualité l’oblige. En tout cas, ça n’entrave pas ma volonté de travailler, de rapporter des informations », a dit notre confrère.

Guineematin

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