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Covid-19: la Banque mondiale démonte le plan de riposte «surestimé» du gouvernement guinéen

C’est une raclée pour l’Etat guinéen qui s’en vantait d’avoir produit l’un des meilleurs plans de réponse Covid-19 dans la sous-région. Eh bien! Les services techniques de la Banque mondiale se sont penchés sur le Plan de riposte économique du gouvernement guinéen à la crise sanitaire annoncée le 6 avril dernier. Le résultat est catastrophique.

Sur le plan macroéconomique, la Banque mondiale souligne que la croissance estimée dans le Plan de riposte paraît «surestimée» avec seulement 0.7 point de pourcentage de baisse par rapport à la situation précédente.

Dans le courrier adressé au Premier ministre, la Banque suggère au gouvernement de faire «un travail supplémentaire pour réestimer de façon globale les impacts sur les recettes et les dépenses de l’Etat et définir un gap de financement pour lequel les bailleurs pourraient contribuer et pour lequel un appui budgétaire d’urgence sera mobilisé par la Banque mondiale sur la base de quelques mesures clés de réforme à convenir».

Les experts proposent notamment que l’estimation des mesures d’allègements fiscaux et sociaux soit davantage raffinée et les objectifs et procédures d’utilisations du fonds COVID-19 clarifiées de même que son lien avec le budget de l’Etat.

Des mesures sociales surestimées

Concernant la protection sociale, le Plan de riposte du gouvernement prévoit en sa phase 3, le démarrage des politiques classiques de l’ANIES avec un montant global de 439 milliards Gnf (46 millions de dollars) pour le déploiement d’un programme d’ampleur de transferts monétaires pour 240 000 ménages (soit environ 1,6 millions de personnes) dans les zones pilotes (une préfecture par région administrative et la zone spéciale de Conakry). La contribution de l’ANIES concerne egalement la fourniture de denrées alimentaires aux ménages des zones géographiques les plus touchées.

La Banque a rassuré de son soutien à cette initiative et prévoit de mobiliser 70 millions de dollars US à travers le projet d’appui au Programme NAFA pour soutenir l’ANIES dans ses initiatives de protection sociale élargie. Selon l’institution monétaire, «il serait utile de préciser les plans pour atteindre les zones qui n’ont pas été prises en compte dans la phase pilote et si seuls les transferts monétaires vers les zones pilotes ont jusqu’à présent été chiffrés dans le volet social du plan économique de riposte ».

Etant donné que le plan comprend la fourniture des vivres dans la plupart des zones les plus touchées, «à moins qu’il n’y ait un problème de disponibilité / distribution de nourriture », la Banque suggère plutôt de fournir des transferts monétaires dans les zones les plus touchées. Afin d’éviter «un éventuel gel des prix », ainsi que d’autres effets négatifs notamment «des pénuries alimentaires sur les marchés formels et développer des marchés noirs pour certains produits qui viendraient à manquer sur le marché» si la mesure n’est pas suffisamment encadrée.

Le gouvernement guinéen a également prévu de venir en aide aux populations, à travers notamment, la prise en charge intégrale par l’État des factures d’avril à juin 2020 pour les abonnés au tarif social de l’électricité et de l’eau, pour les autres consommateurs, un report des échéances de paiement des factures d’eau et d’électricité, pour la période d’avril à juin 2020, avec la mise en place de facilités de paiement, veiller à garantir la stabilité ou le gel des prix des produits de santé et de première nécessité et le blocage des loyers sur les bâtiments publics et privés pour la période d’avril à décembre 2020.

En ce qui concernent l’eau, la Banque propose de mobiliser immédiatement 1 million de dollars US à travers son projet «Eau en milieu Urbain» pour fournir de savons, désinfectants et d’autres matériels d’hygiène aux populations les plus vulnérables, soutenir la Société des Eaux de Guinée (SEG) dans l’achat d’équipements et de produits chimiques essentiels pour le traitement de l’eau et du savon et Installer des pompes de lavage des mains dans les endroits les plus peuplés.

Les experts soulignent aussi que le coût de la prise en charge des factures d’électricité des consommateurs de la catégorie sociale pendant trois mois (avril-juin 2020) évaluée à 456 milliards de Gnf (46 millions de dollars US) a été surestimé dans le plan de riposte du gouvernement. Tandis que les simulations effectuées par les experts de la Banque mondiale indiquent un total d’environ 6 milliards de GNF (moins de 1 million de dollars US) au tarif social actuellement bas de 90 GNF /kWh.

Par ailleurs, «même s’il semble que les auteurs du plan envisagent d’appliquer le tarif social à tous les consommateurs (c’est-à-dire les premiers 40kWh gratuits pour tous) pour justifier les estimations de coûts énergétiques. Suivant nos estimations, l‘application du tarif de détail à tous ne ferait porter le coût énergétique qu’à 3 millions de dollars US au plus», indiquent les experts.

La Banque mondiale note aussi que la Guinée bénéficiera d’un appui budgétaire relatif au programme régional d’énergie pour lequel les actions préalables sont toutes réalisées et n’attend que la publication au journal officiel des cinq (6) mesures déjà prises par le Gouvernement. Elle propose de fournir une assistance technique supplémentaire pour aider la Guinée à préparer un plan de riposte spécifique au secteur de l’électricité pour une mise en œuvre effective des actions proposées.

Guinee360

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