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Prostitution, ramadan et COVID-19 : dans le territoire des « Mama Africa » et leurs protégées

En Guinée, le quotidien des prostituées en période de ramadan et de crise de coronavirus.

La pandémie du COVID-19 qui impacte bon nombre d’activités, comme dans le monde, ne met pas en marge le travail du sexe. Les filles de trottoir, aussi, se plaignent de beaucoup de difficultés. Maquis, bars et autres lieux où se pratique ce vieil métier, sont pour la quasi-totalité fermés. Coronavirus oblige. Avec près de 2000 cas de covid-19 dont 9 décès, en moins de deux mois, la Guinée est le troisième foyer en Afrique de l’ouest.

Certaines des prostituées, disent s’adonner à cette pratique par manque de moyens, pour vivre et subvenir aux besoins de leurs familles. Elles fustigent l’Etat pour avoir fermées leurs lieux de travail, en ignorant  la situation des citoyens, sans mesures d’accompagnement effectives, si moindres soient-elles.

Le mois de ramadan en cours ne ressemble pas aux précédents. Les lieux de loisirs restent encore fermés. Les fameuses maisons closes des quartiers Kipé, Lambangni, Taouyah, Sangoyah, entre autres, sont fermées. Et la liberté de circulation est restreinte par un couvre feu, de 21h à 05h du matin. Dans un contexte de lutte contre la propagation du covid-19.

Mais certaines filles de joie ont trouvé des astuces pour pratiquer leur métier dans la clandestinité, en dépit de l’état d’urgence décrété. C’est aussi une question de survie, comment-elles. La famine est aussi grave que le coronavirus. Plus de 55% des Guinéens vivent sous le seuil de la pauvreté, selon la Banque mondiale. Avec moins de 2 dollars par jour.

Les « Mama Africa »

Les chambres privées sont transformées en des lieux de débauche. Plusieurs prostituées se trouvent aussi regroupées dans des magasins de certains marchés de Conakry qu’elles ont transformés en milieu d’habitation. Cette pratique, n’épargne  pas les mineures. Ces adolescentes aux visages innocents sont également visibles dans ces marchés. Certaines se sont affranchies du mariage forcé et ou précoce pour épouser la rue, à les en croire. D’après l’évaluation faite par l’UNICEF lors d’une étude menée entre 2010 et 2016, environ 52% des filles ont été mariées avant leurs 18 ans, et 21% avant leurs 15 ans.

Le commerce du sexe est bien organisé. Ces prostituées disent, généralement, être  sous la tutelle d’une marraine qui veille à leur sécurité. Celles que l’on surnomme les « Mama Africa », à qui les protégées versent en retour une cotisation imposée. Et dans plusieurs endroits, celle qui ne contribue pas n’a pas droit au réfectoire. Ces dames « marraines » de prostituées ont beaucoup d’expérience dans le travail de jambes en l’air. Chaque prostituée est donc obligée de se battre pour faire de l’argent. Mais elles ne manquent pas d’ingéniosité.

La Guinée compte 85% de musulmans. Mais le ramadan n’empêche pas chez d’autres la luxure et la fornication. Toutefois la clientèle est en baisse. Les travailleuses du sexe sont surtout sauvées en cette période  par les clients potentiels, dans leurs carnets d’adresse. Ces hommes,  leur apportent assistance. Des musulmans conformistes aussi, paient pour consommer après le ramadan.

Que dit la loi ?

Aucune disposition légale n’interdit la prostitution. Mais le proxénétisme est une infraction à la loi pénale. « Le proxénétisme est l’activité de celui ou celle qui favorise la prostitution d’autrui », article 346 du code pénal guinéen. L’art.347 le punit « puni d’un emprisonnement de 2 à 5 ans et d’une amende de 2.000.000 à 10.000.000 de francs guinéens». La peine est portée à un emprisonnement de 7 ans et à une amende de 15.000.000 de francs guinéens, dans le cas où le délit a été commis à l’égard d’un(e) mineur(e) (art 348 du CPG).  Mais l’on assiste à la souplesse dans l’application de la loi contre le proxénétisme.

Nombreuses sont ces travailleuses du sexe, malgré la loi et les multiples risques sanitaires. En 2019, la Guinée comptait environ 120 000 personnes séropositives, soit environ 1,7 % des habitants, selon l’ONUSIDA. En 2018, on dénombrait 4 300 personnes mortes du Sida en Guinée.

Abdoulaye Djibril Barry pour voxmeteore.info

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