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La Guinée malade de ses dirigeants et d’une justice à deux vitesses

Capture d'écran Alpha Condé, président de Guinée, invité d'Internationales du 30 septembre 2018/TV5Monde, RFI, LeMonde

Le Pouvoir semble dresser le parquet contre les opposants à un 3ème mandat de l’octogénaire Alpha Condé, récemment enlevés à Conakry. La sortie médiatique, 13 octobre, du procureur du Tribunal de première instance de Dixinn démontre encore plus l’inféodation du Judiciaire à l’Exécutif. Sidy Souleymane N’Diaye veut poursuivre pour punir, avec autant de sévérité que dans le fait, les membres du FDNC.

On a vu le procureur déambuler, pavaner au journal de la RTG, annonçant des poursuites en cours. Contre toute personne coupable de « propos d’une gravité certaine contre la sécurité publique ». Les responsables du FNDC ont été kidnappés à Conakry ce weekend et déportés en des lieux inconnus. Alors qu’ils se préparaient à animer une conférence de presse sur le déroulement de la manifestation de ce lundi 14, contre un éventuel 3ème mandat d’Alpha Condé. Ils dénoncent un pays entre les mains des « clans mafieux ». « Que nul ne recule devant l’arrogance, les intimidations et la répression, armes ultimes des imposteurs ». Ainsi appelle le FNDC, depuis le 07 octobre, à la « résistance» dès lundi 14, par la désobéissance civile et les manifestations publiques. Partout dans les quartiers de Conakry et de l’intérieur du pays.

Une justice « pourrie »                                                 

Dans ce pays, la séparation des Pouvoirs n’est qu’une littérature juridique; loin de la réalité. Et la loi n’est pas la même pour tous. La justice a toujours été, sans vergogne, sous les ordres de l’Exécutif et des riches. Tout le monde le sait. La sortie du procureur de Dixinn, menaçant des citoyens innocents pour leur opinion, ne fait que renforcer cette réalité.

Les tensions sont vives entre partisans (minoritaires) et opposants (majoritaires) à une nouvelle constitution. Mais les derniers sont les seuls à subir les menaces, arrestations arbitraires et tueries. Par les actes et manœuvres d’une bande d’incultes qui veut imposer un affreux despotisme en Guinée, sous la complicité d’une justice corrompue et tendre avec le Pouvoir.

Les promoteurs gelés du 3ème mandat, opportunistes rapaces, incitent ses partisans et la justice à s’acharner contre les opposants. Un mort, une trentaine de blessés et d’arrestations, commerces vandalisés. C’est le bilan de la répression par les forces de l’ordre et les partisans du pouvoir jeudi 13 juin à Nzérékoré. « Traquer tous les membres du FNDC jusqu’à leur dernier retranchement ». Avaient appelé, la veille, Damaro Camara, chef de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale périmée, et Bantma Sow, Ministre des sports, de la culture et du patrimoine historique. «…Si les gens sont prêts pour l’affrontement soyez prêts aussi », là, c’est le Président Alpha Condé qui excitait les militants du RPG à la violence le 24 mars. Que dire aussi des discours de haine de militants voyous ? Le pouvoir avec son clan défie le peuple, excédé par neuf années de mensonges, d’injustice et de criminalité d’État.

Tant de déclarations graves contre la sécurité publique. La justice reste inerte. Mais, l’Exécutif se sert d’elle, pour régler des comptes, pour intimider. Il risque d’exploser ce lundi. Le FNDC condamne l’arrestation de ses leaders par « les ennemis de la nation ». Et renouvelle  son appel « à des manifestations publiques d’envergure pour libérer le pays des mains de la horde de brigands sans foi ni loi », dès ce lundi 14.

La justice, c’est Alpha Condé et son clan. L’immixtion de l’honorable Damaro Camara, pour libérer le Sotikémo de Kankan (défiant la justice, selon le parquet de Kankan) en est aussi une illustration. Damaro avait, d’ailleurs, qualifié notre institution judiciaire de « pourrie ». « Si vous saviez ce qui se passe à l’intérieur (du pays, ndlr), vous n’allez pas parler de la justice. Hier, un juge a demandé 5 millions à un citoyen, à défaut, il risquait 2 ans de prison », ainsi s’en est pris Damaro à la justice guinéenne le 03 avril sur les GG. Les magistrats dans une colère noire, avaient demandé en vain, la levée de l’immunité parlementaire du député pour le sanctionner. Tandis qu’Ousmane Gaoual Diallo, député de l’UFDG a été déféré et emprisonné à deux reprises, en 2015 et 2016, sans que la procédure de levée de son immunité parlementaire ne soit enclenchée.

Depuis 2011, plus de 100 manifestants et passants ont été tuées par les forces de l’ordre en Guinée. Des familles ont fait des dénonciations et languissent que justice soit rendue. Autant de blessés graves, majoritairement par balles, dont certains paralytiques à vie. Mamadou Samba Baldé, 35 ans, vit toujours avec une balle dans son corps. Le Centre médical communal de Ratoma, puis le CHU Donka s’étaient déclarés incompétents dans l’extraction de la balle des forces de l’ordre, qu’il a reçue le 09 mai à Cosa. Que vivent les victimes déguerpies de Kaporo Rails ? Dont les maisons ont été démolies par l’Etat, sans indemnisation, ni recasement préalable, après plus d’une trentaine d’années d’occupation légale. Dans les prisons surpeuplées du pays, plus de 50 % des prisonniers attendent leurs procès.

Le laxisme, la vénalité et la partialité de la justice sont les causes de tous les maux du pays : incivisme, discrimination, manipulation, corruption, chômage, criminalité, violation des lois, etc. Les juges doivent changer pour refuser d’être complice d’un Etat tyran, bâti sur le mensonge, la manipulation, la corruption, la répression, l’exclusion, la diversion, etc.

Boubacar Barry

Illustration: Capture d’écran Alpha Condé, président de Guinée, invité d’Internationales du 30 septembre 2018/TV5Monde, RFI, LeMonde

 

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