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Vente de terrains à Conakry : Tayaki-Village devenu la nouvelle cible des nantis

Le phénomène de vente de terrains prend de plus en plus d’ampleur à Conakry et périphéries. De nos jours, Tayaki-village est devenu la nouvelle cible des fortunés qui s’octroient, tant bien que mal, des parcelles de terre dans cette localité. Aux clignes des yeux, on voit des soubassements qui poussent partout  comme des champignons, et les piquets servant de bornes sont visibles sur des  domaines complètement morcelés, a-t-on constaté.

Situé à 7 km de la Commune de Ratoma (Kobaya), Tayaki est un petit village convoité par les touristes et autres visiteurs venant de tous les coins à cause de sa belle plage au sable fin et son paysage verdoyant.

L’accès à cette localité qui côtoie l’océan atlantique relève d’un véritable parcours du combattant. La route boueuse et impraticable s’ouvre seulement qu’aux personnes dynamiques.

A partir des pentes de la colline de Kobaya, le visiteur aperçoit une étendue de plaine à perte de vue. C’est ce qui représente d’ailleurs le trésor des Tayakikas qui vivent principalement de l’agriculture et de la pêche.

L’histoire de Tayaki et ses premiers habitants

Assis devant sa maison de fortune, un vieux du haut de ses 86 ans accepte de raconter à nos reporters en peu de mots l’histoire de Tayaki et ses habitants.

Mamadou Soumah, doyen de Tayaki

« Cette localité appartient aux Bagas. Ils ont été les premiers habitants. Ce sont eux qui ont approché tous ceux qui sont venus ici. Ils étaient des pêcheurs. Mais vous savez à l’époque, on n’achetait pas des terres. Quand vous venez, on vous dit de défricher une partie, et vous restez là-bas. Les vrais autochtones, ce sont les Sylla » raconte Mamadou Soumah qui a l’air solide malgré son âge avancé.

Causes de vente des terres à Tayaki

Relevant du quartier Kobaya, les habitants de Tayaki vivent dans une pauvreté extrême et le village manque presque de tout. Pas de route, pas d’eau potable, pas de centre de santé.

Selon nos informations, l’Etat a exproprié une bonne partie des terres des habitants de Tayaki contre des sommes ‘’dérisoires’’ au profit des chinois.

Par crainte de ne pas perdre le peu de portion de terre qui leur reste, ils disent ne pas avoir le choix que de le vendre.

« Vous savez lorsqu’on est pauvre et qu’on n’a pas de moyens, on fait face à ce que l’on a. Aujourd’hui, vous voyez que l’Etat a vendu une bonne partie de nos terres aux Chinois. L’argent qui nous a été donné en guise de dédommagement est insignifiant. Vu cela, nous avons compris qu’il faut vendre le reste des terres pour ne pas perdre. Ainsi, nous pourrons aller nous chercher des parcelles ailleurs pour nos enfants. Nous n’avons pas de moyens, on est obligé » déplore Mamadou Soumah.

Implication des autorités locales dans cette affaire de vente de parcelles à Tayaki?

Les autorités du secteur Tayaki, n’ignorent pas cette affaire de vente de terrain dans leur localité. Cependant, c’est des marchés qui se font au gré des autochtones (propriétaires terriens). Pour elles, leur participation à ce processus dépend du consensus trouvé entre les parties prenantes dans la vente.

« Oui, il y a de ventes de terres ici, c’est vrai. Mais ce sont les propriétaires eux-mêmes qui vendent ou parfois leurs enfants. D’autres ne résident  même pas ici, ils viennent avec les acheteurs pour nous impliquer. Nous, ce qui nous concerne, c’est faciliter le processus, nous n’imposons rien à eux. Donc, il n’y a aucun problème à notre niveau » a réagi M. Cissé, chef secteur adjoint de Tayaki.

M. Cissé, chef secteur adjoint de Tayaki

A la question de savoir si des hauts cadres de l’administration viendraient s’offrir des parcelles à tayaki, le chef secteur adjoint de Tayaki-village dit ne pas avoir connaissance.

« En réalité, nous ne connaissons pas leurs noms. Parfois, c’est des particuliers qui ont des moyens et qui désirent avoir des domaines en bordure de mer. Mais on ne peut pas savoir exactement leur identité » répond-t-il avant de révéler qu’une parcelle se négocie dans sa zone entre 15 à 20 millions de francs guinéens.

S’il y a un élément sur lequel tous les intervenants s’accordent, c’est bien le phénomène de vente de terre à Tayaki. Mais elle se fait, avec l’aval des propriétaires.

Le quartier, est-il au courant de cette réalité à Tayaki ?

Aux dires des citoyens, le chef de quartier est au courant des différentes ventes de terrain à Tayaki. Un fait que le chef de quartier ne nie pas, mais apporte des précisions.

« Oui, c’est vrai que l’Etat a pris une partie des terres pour donner aux partenaires chinois, mais depuis lors cette partie n’est pas vendue. Vous savez même ma concession là si l’Etat a besoin pour des utilités publiques, je dois céder. Seulement, il doit me montrer où je dois aller ou m’indemniser. Donc l’Etat est venu prendre là-bas, mais ils ont quand proposé quelque chose pour les habitants. Depuis lors, personne n’a vendu quelque chose, en tout cas ce qui concerne la partie chinoise. Mais il y a une autre partie qui appartient à ces mêmes citoyens, quand ils veulent vendre, nous on témoigne. Cependant, on ne force personne. Seulement, je vais dire que moi je ne signe rien si ce n’est pas clair » se défend Bissiri Sylla, chef de quartier de Kobaya, dont relève Tayaki.

Récemment, des travaux de construction d’une route ont été lancés sur l’initiative des habitants de Tayaki. A ce jour, le remblayage de la piste avance à grand pas. La fin de ces travaux permettra à désenclaver le secteur Tayaki. Ce qui pourrait mettre en valeur cette localité touristique, faciliter son accès et son développement tant souhaité par les habitants.

Guineeactuelle

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